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Vendredi 18 septembre 2009 | Auteur: Frédéric Servoz

vigneChaque année à la rentrée, une question anime le monde viticole : comment s’annoncent les vendanges ?
Elles ont commencé dans le Beaujolais et après deux années moyennes, la récolte 2009 s’annonce très bonne dans tous les vignobles français.

Comment se déroulent-elles ?

Les vendanges sont une étape cruciale dans l’élaboration d’un vin de qualité. Alors qu’elles étaient uniquement le résultat du travail des hommes, elles se sont mécanisées depuis le début des années soixante-dix. Après quelques évolutions nécessaires pour ne pas dégrader les grappes, les machines ont permis de récolter les raisins rapidement, au moment où ils ont atteint leur état de maturation optimal et où ils se trouvent dans de bonnes conditions d’hygiène.
Mais l’homme reste le métronome de toute ce processus car c’est lui évalue. Au début du mois de septembre, le viticulteur étudie la maturation pour fixer la date des vendanges en prélevant régulièrement des raisins. Dans le but de peaufiner cette maturité, à quelques semaines de la date prévisible des vendanges, les feuilles entourant les grappes sont enlevées pour améliorer l’aération et l’exposition de ces dernières. Dans la plupart des vignobles, les vendanges se déroulent de la mi-septembre à la mi-octobre.

Que donneront les vendanges 2009 ?

La floraison s’est bien déroulée entre mai et juin, puis le bel été a terminé le travail. Mais certaines régions ont quand même eu quelques difficultés : le Bordelais a subi des  orages de grêle fin mai et la Bourgogne en a connu fin juin, ce qui a détruit des parcelles. Ces évènements n’affecteront pas pour autant la qualité des raisins, simplement la quantité, ce qui n’est pas une mauvaise chose après des années de surproduction. En Alsace, dans le Sud Ouest ou dans le vignoble Nantais, l’optimisme est également de mise.


Quelle est la recette pour de bonnes vendanges ?

L’évolution de la maturation dépend de nombreux facteurs. En premier lieu, il convient de prendre en considération les conditions météorologiques du début du printemps. Ce sont elles qui déterminent la date de départ de la végétation, qui peut varier de plus de vingt jours entre une année précoce et une année tardive.
Ensuite, la durée nécessaire à la maturation est à peu près constante. Mais elle dépend toujours des conditions climatiques de juillet à septembre. Même s’il a une petite idée, le vigneron ne sait jamais avec certitude quel sera le jour idéal pour récolter ses raisins. C’est en se rendant quotidiennement dans son vignoble pour examiner les raisins qu’il va déterminer l’instant crucial.
Aspect extérieur, douceur sucrée, chaque vigneron a son truc pour jauger le raisin : un secret qui se transmet de père en fils ou en fille. A ces méthodes nées de l’observation, se sont ajoutées des analyses chimiques sur l’acidité notamment, qui apportent une plus grande garantie.

Une situation économique difficile

La promesse d’un bon millésime donne du baume au cœur aux viticulteurs. Et ils en ont besoin. Car même si les ventes en grande surface sont en hausse, la part de marché des vins français ne cesse de décroître. Grâce à leur qualité constante et à leur packaging plus attractif, les vins du Nouveau Monde (Australie, Afrique du Sud, Californie, Argentine, Chili et Nouvelle Zélande) séduisent de plus en plus la clientèle hexagonale.
Du côté des exportations, qui représentent environ un tiers de l’activité viticole, les ventes se sont effondrées : -12,3% en volume et -26% en valeur entre le 1er janvier et le 30 juin 2009. Là encore, ce sont les vins du Nouveau Monde qui prennent des parts de marché dans des pays traditionnellement consommateurs de vins français, comme la Grande-Bretagne.

Mardi 31 mars 2009 | Auteur: Frédéric Servoz

tube-peinture-1Dans ma jeunesse, on m’a appris qu’en associant de la peinture rouge avec du blanc, on obtenait du rose. C’est également ce que pense la Commission Européenne qui souhaite autoriser le rosé issu du mélange de vin blanc et de vin rouge. Le rosé tel qu’on le produit actuellement aurait alors la mention “vin traditionnel”.

Or, le vin ne se résume pas à jouer au petit chimiste. Nous avons la chance d’avoir en France une véritable culture du rosé car nous savons le faire ; point d’arrogance, mais certains de nos concurrents du Nouveau Monde appellent rosé des mélanges de rouge et de blanc qui sont très loin d’avoir la même qualité.

Le rosé traditionnel est obtenu à partir de raisins rouges dont la pulpe et la peau sont macérés pendant une courte durée, de six heures à une journée. Il donne alors un vin subtil avec beaucoup d’arômes, comme en témoigne ce Bandol du Domaine de l’Olivette.

Tous nos voisins européens ont voté pour l’adoption de cette mesure alors que la France s’y oppose. Avons-nous raison ou est-ce une de nos rigidités corporatistes ?

Selon le quotidien Les Echos de la semaine dernière, la véritable raison serait d’ouvrir de nouveaux marchés comme la Chine et de pouvoir rivaliser avec des pays comme l’Afrique du Sud et l’Australie, qui utilisent déjà le mélange. Si l’on peut saluer l’initiative de trouver des débouchés aux viticulteurs, il semble que l’on soit également dans une logique d’uniformisation du goût. En effet, la Commission Européenne balaie malheureusement la notion de terroir qui donne à chaque vin ses caractéristiques et toute sa noblesse.

Le rosé est un vin à part entière qu’il s’agit de défendre. Surtout que le Comité Interprofessionnel des Vins de Provence (CIVP) précise qu’il est passé de 8 à 22% de la consommation totale des vins en France, sur les quinze dernières années. Au nom de la défense du goût, des viticulteurs et des consommateurs, espérons que les membres de la Commission Européenne mettront de l’eau dans leur vin…